Opérationnel dès 1824 sur toute sa longueur, le Canal de l’Ourcq devint très vite une voie navigable en sus de sa primitive et principale raison d’être de voie d’amenée d’eau à Paris.
Cet usage prit rapidement une grande importance, au point qu’il fallut songer à garantir cette navigation, d’une part en entretenant et améliorant la voie d’eau et ses écluses, quais, bassins de virage, ports, chemin de halage et ponts, mais aussi, l’essentiel : un tirant d’eau et un débit toujours suffisants !
Les variations saisonnières étant aussi incontournables qu’influentes, il fut nécessaire de mettre en place des apports d’eau fluviale en sus de celle de la néanmoins généreuse Rivière d’Ourcq.
Le Clignon était le cours d’eau le plus en amont qui pouvait répondre à cet abondement hydraulique, c’est pourquoi il fut décidé d’en dériver les eaux pour les amener au Canal, sans pour autant en tarir le bas cours inférieur.
L’ingénieur civil de la Compagnie des Canaux, Emile Vuigner, fort de ses réalisations d’entrepôts à grains à la Villette, se vit alors confier en 1839 la tâche de creuser un canal de 2 350 m de longueur dont 1 200 m de l’aval sont navigables par des flûtes de l’Ourcq, les 1 350 m de l’amont étant plutôt une partie de la rivière canalisée, précédée de près de 28 kilomètres de cours naturel depuis La Péronnerie, près de Château-Thierry.
Le bas cours inférieur de la rivière naturelle a quant à lui été maintenu au long des marais, pour une confluence naturelle dans la rivière d’Ourcq.
Une prise d’eau installée en amont du pont de Montigny en assure le minimum de débit, nécessaire à l’équilibre écosystémique local, ainsi qu’une relative régulation du canal du Clignon.
Une partie de l’entreprise exigea de relever un bief d’amenée au Moulin de la Commanderie de Moisy (XIIe siècle), pour maintenir le flot à une altitude quasi-constante de 60,5 m, la rivière déjà presque rectiligne comme le montre une carte de l’État-major achevée avant 1840 pour cette région.
Carte de l'État-Major (1820-1866)
sur cartes.gouv.fr
Mais l’affaire n’était pas aussi « simple », car ce canal devait enjamber la rivière d’Ourcq circulant au niveau des marais alentour, trois mètres d’altitude sous celle du Canal de l’Ourcq. Un pont canal à trois arches de pierre en arc plein cintre dut être édifié.
L’ouvrage s’étend sur 28 mètres, dont 16 m de travée porteuse.
Large de 7 mètres il laisse une passe navigable de 3,2 m et 0,8 m de tirant d’eau au minimum, doté d’un trottoir de halage de 2 m en rive droite.
Il fallut par ailleurs créer un pont pour maintenir la continuité du chemin de halage du Canal de l’Ourcq lui-même, cela avec un tirant d’air de 3,2 m.
Le pont historique dit « Saint-Nicolas » de Montigny-l’Allier, qui préexistait fut maintenu.
L’ouvrage fut totalement opérationnel dès 1841/42 après seulement trois années de travaux.
Un petit pont menant à la Commanderie des Templiers fut construit un peu plus tardivement, il marque l’ancien emplacement du Moulin, et la limite de navigabilité pour la plupart des navires.
Seuls des esquifs légers sont susceptibles d’accéder à l’amont après portage. L’intérêt en est très limité…
A compter de ce pont, le chemin de halage jusqu’alors en rive droite, passe en rive gauche et le reste jusqu’à Montigny, évitant ainsi de « mordre » sur le territoire de la Commanderie.
200 m en amont de ce pont, existe une passerelle menant à la Commanderie, l’accès à cette propriété est interdit au public.
800 m encore à remonter pour trouver une seconde passerelle, publique cette fois, et menant au village.
La rencontre du canal de l'Ourcq au PK 93.6 et du canal du Clignon, au PK 0.0
Photo AFLO / B. GENDRE 10 juin 2013
Vers 1910, une ligne de train fut ouverte, passant par Mareuil-sur-Ourcq, amenant un pont en poutres d’acier à 200 m du débouché dans le canal de l’Ourcq. On le voit ci-dessus à travers l'ouverture de la passerelle.
Le Clignon est classé comme salmonicole, donc en catégorie de pêche N°1, de sa source à la confluence avec le Canal de l’Ourcq.
Les truites ne sont cependant pas garanties dans la partie canalisée !
La pêche dans le département de l’Aisne étant soumise à de strictes et nombreuses conditions, mieux vaut se référer au site de la Fédération départementale de pêche 02
Les marcheurs, voire les vététistes, pourront apprécier le court PR qui établit une liaison entre le GR 11 (canal de l’Ourcq) et le grand GRP du Tour de l’Omois accessible de Montigny, cette liaison longeant le Canal du Clignon, partie navigable.