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Siècle par siècle

Histoire

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L'histoire du Canal de l'Ourcq,
de 1415 à nos jours

Chronologie

Depuis le XVème siècle, le pays d'Ourcq alimente la capitale en céréales, en bois de chauffage et de construction.
Plusieurs projets de dérivations de la rivière Ourcq seront mis à l'étude avant la Révolution. La décision de construire le canal tel que nous le connaissons aujourd'hui revient à Napoléon Bonaparte, en 1802.

XVe siècle

1415

Charles VI autorise par lettres patentes le prévôt des marchands de Paris à exploiter la rivière d'Ourcq, à charge pour lui d'en assurer l'entretien.

XVIe siècle

1517-1519

Des essais d'écluse à sas auraient été effectués par Léonard de Vinci sur la rivière Ourcq. (Cette affirmation nous paraît cependant relever de la légende).

1520

Au début du XVIe siècle la rivière d'Ourcq se révèle comme la voie la mieux adaptée pour amener à Paris le bois de chauffage et de construction de la forêt de Retz près de Villers-Cotterêts, ainsi que les céréales produites dans le duché de Valois. Un début d'aménagement est alors décidé. Le 26 mai 1520, des lettres patentes sont signées par François 1er qui autorisent le prévôt des marchands et les échevins de Paris à faire curer, nettoyer et rendre navigable tant lesdits rus et rivières de Seine, Vanne, Morin et Ourcq, qu'autres étangs et démolir tout moulin qui nuirait à la navigation.

XVIIe siècle

1529 - 1636

Sur la base d'un projet présenté par Louis de Foligny, le lit de la rivière Ourcq est redressé, des barrages et ouvrages de canalisation sont construits sur une quarantaine de kilomètres entre Silly-la-Poterie et sa confluence avec la Marne pour approvisionner Paris en bois de chauffage de la forêt de Retz et en céréales du duché de Valois. Mais des différends entre concessionnaires perturbent la réalisation des travaux. Catherine de Médicis, propriétaire de la forêt de Retz, intervient en 1562 pour les relancer.
Vers 1564, la rivière d'Ourcq est rendue flottable de Lizy-sur-Ourcq à Silly-la-Poterie pour favoriser l'approvisionnement de Paris et l'exploitation des bois de la forêt de Villers-Cotterêts.

3 avril 1632

Jacques et Louis de Foligny, Nicolas de Creil, Raimond Massuan, Claude Couturier, Jacques de Montaut et Malvoisine, bourgeois de Paris, obtiennent des lettres patentes pour rendre la rivière d'Ourcq navigable depuis La Ferté-Milon jusqu'à son embouchure, à Mary-sur-Marne.

15 juillet 1636

Le premier bateau chargé le 7 avril 1636 à La Ferté-Milon accoste à Paris avec sa cargaison de blé, en même temps qu'un autre chargé de bois de chauffage, et deux autres chargés de bois, de planches et de joncs, partis de Mareuil. L'arrivée solennelle a lieu sur les quais du Louvre. Les bateaux portent d'un côté les armes du Roi, de l'autre celles de la Ville de Paris. Cependant, l'aménagement de la rivière ne sera terminé que le 25 juillet 1658.

1661

Arnoult augmente la longueur navigable, en remontant depuis La Ferté-Milon jusqu'à Noroy-sur-Ourcq .

La même année, Louis XIV donne en apanageUn apanage est une concession de fief par un souverain à ses plus jeunes fils.. à son frère Philippe, duc d'Orléans, le duché de Valois. Les privilèges et péages de la navigation sur l'Ourcq lui sont alors attribués. Il est précisé que le duc devra perfectionner la navigation et dédommager les concessionnaires. Cette mesure est à l'origine du canal des Ducs, œuvre de Louis de Règemortes au XVIIIe siècle (1748-1756).

Pierre-Paul Riquet de Bonrepos (°29/06/1609(?) Béziers, + 4/10/1680, Toulouse). Cet ingénieur biterrois surtout connu pour avoir réalisé le canal du Midi, propose d'amener par un canal navigable l'eau de l'Ourcq jusqu'à la place du Trône (actuellement place de la Nation). à Paris. Ce canal doit permettre d'alimenter Paris en eau potable et doit alimenter un canal de ceinture longeant les remparts au nord de la capitale. Avec son ami Jacques de Manse (1628 - 1699), ils ouvrent une tranchée entre Lizy-sur-Ourcq et Meaux. La mort de Riquet en 1680 suspend le projet qui sera définitivement arrêté par le Parlement de Paris en 1684.

XVIIIe siècle

1785

Jean-Pierre Brullée présente à l'Académie des Sciences un projet de dérivation de la Beuvronne, affluent de la Marne, jusqu'à La Villette, où elle se diviserait en deux, l'un des tronçons allant vers Saint-Denis, l'autre vers l'Arsenal. Bailly, maire de Paris, et l'Assemblée Nationale lui font un accueil chaleureux. Mais cette réalisation est remise en question par les événements politiques. Le gouvernement décide alors de commencer des études plus précises.

XIXe siècle

19 mai 1802 (29 floréal an X)

A la suite de ces études, fut promulgué le décret du 29 Floréal an X :
« 1° ) il sera ouvert un canal de dérivation de la rivière d'Ourcq ; elle sera amenée à un bassin près de la Villette ;
2°) Il sera ouvert un canal de dérivation qui partira de la Seine au-dessous du bastion de l'Arsenal, se rendra dans les bassins de partage de la Villette et continuera par Saint-Denis, la vallée de Montmorency et aboutira à la rivière d'Oise, près de Pontoise ».

13 août 1802 (25 thermidor an X)

Un arrêté du Premier Consul ordonne que les travaux de dérivation de l'Ourcq soient commencés le 1er vendémiaire an XI (23 septembre 1802), sous les ordres de Monsieur Girard, Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées. Il précisait que les fonds nécessaires à l'exécution des travaux de la dérivation et ceux de la distribution de ses eaux dans Paris, et à ceux de la construction des fontaines et réservoirs jugés nécessaires seraient obtenus par prélèvement sur les produits de l'octroi de Paris et par perception d'un droit additionnel sur les vins (1,20 F par hl.).

23 septembre 1802 (1er vendémiaire an XI)

Le premier repère est posé à la Villette.

27 février 1803 (8 ventôse an XI)

Bonaparte vient visiter le chantier. Il inspecte les travaux de la Villette à Sevran, mais l'état du chantier et la boue — on avait choisi de creuser dans le lit de la Reneuse (encore nommée Arneuse) — sont tels qu'il ne peut continuer à longer le tracé du canal dans le Bois Saint-Denis et à Villeparisis (territoire de la commune de Mitry à l'époque). Il doit reprendre la route d'Allemagne jusqu'à Claye puis il longe à nouveau le tracé du canal jusqu'à Mareuil. Le soir, il couche à Lizy-sur-Ourcq.

1er mars 1803 (10 ventôse an XI)

Pendant ce temps, le trafic se poursuit et s'organise sur la rivière Ourcq. Le 1er mars 1803 est publié une décision du Ministre de l'Intérieur "portant permission de flotter sur la rivière d'Ourcq". (1) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5652676n/f386.image

18 juin 1803 (29 prairial an XI)

Une nouvelle décision du Ministre de l'Intérieur porte sur l'établissement d'un garde général à la résidence de Lisy (2) —sur la rivière d'Ourcq—.

Il aura pour mission de surveiller les garde-ports et d'effectuer des tournées depuis le premier port de chargement jusqu'au dessous de l'embouchure [...] d'empêcher les vols et de percevoir des droits de navigation.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5652676n/f386.image

17 mars 1805 (26 ventôse an XIII)

Après trois ans de discussions sur le tracé et les dimensions du nouveau canal, la question est tranchée au cours d'un Conseil tenu aux Tuileries en présence de l'Empereur, de Regnault-Saint-Jean d'Angely, Laplace, Monge et de Prony.

Napoléon, résumant la discussion déclare : « Paris est la capitale de l'Europe; ce ne sont pas des embellissements ordinaires qui la rendront digne de ce rang et de notre époque. Il faut que ses revenus soient enfin utilement employés, et qu'on puisse y arriver par eau de tous les côtés. On ne bâtira jamais de magasins sur le quai du Louvre, le commerce de la Seine doit être porté sur d'autres quartiers. Quand on aura rendu le canal de l'Ourcq navigable , on le prolongera jusqu'à celui de Saint-Quentin qui sera achevé dans trois ans et l'on aura une communication directe entre Paris et Anvers, en attendant qu'il s'en établisse une autre par l'Aisne et la Meuse, entre Paris et Rotterdam ».

Ce fut aussi l'Empereur lui même qui trancha de la question de la section de l'ouvrage en décidant « que destiné principalement à l'alimentation en eau de la capitale, le canal serait en outre établi pour donner passage aux bateaux de moyenne grandeur ».

1806

Début des travaux au bassin de la Villette, sous la direction de Pierre-Simon Girard, qui assurera cette direction jusqu'en 1817.
La construction se fera à partir de Paris, de l'aval vers l'amont.
Le 9 octobre, un rapport de police relate l'obtention d'une prime de repas, dite « sur la pierre  » par les ouvriers du chantier.

1807

L'Empereur crée un service chargé de la distribution dans Paris des eaux du canal de l'Ourcq et le place sous la direction de l'Ingénieur en chef chargé des travaux du canal.

août 1808

Plus de 300 prisonniers prussiens sont affectés à la construction du canal, dans la zone du Bois Saint-Denis.

octobre 1808

Achèvement du Bassin de la Villette. Il se compose de deux parties, l'une de 80 mètres de large sur 700 mètres de long, l'autre de 30 mètres de large, sur 600 mètres de long.

2 décembre 1808

Le jour anniversaire du couronnement de l'Empereur Napoléon 1er et de la victoire d'Austerlitz, les digues qui retenaient les eaux devant le bassin de la Villette, dont les travaux sont achevés depuis le mois d'octobre, furent rompues, les libérant pour faire leur entrée officielle dans Paris. L'eau de l'Ourcq contribue à l'embellissement de la capitale : la fontaine du Fellah, rue de Sèvres, et la fontaine du Palmier, place du Châtelet (1806-1808), en sont deux exemples.

15 août 1809

La Beuvronne et ses eaux coulent à la Fontaine des Innocents, à Paris.

20 février 1810

Un décret impérial prescrit la fin des travaux pour 1817 et autorise l'emprunt de 7 millons de francs-or. La même année, Pierre-Simon Girard présente son budget estimé à 43,5 millions de francs.

Mars 1811

Un effondrement de la rive sud (rive gauche) à Pantin inonde les prairies avoisinantes et coupe la route d'Allemagne (actuelle rue Jean Lolive) pendant plusieurs jours.

15 août 1813

Début de la navigation de frêt entre Claye-Souilly et Paris, grâce aux eaux de la Beuvronne.

1814-1815

L'occupation autrichienne et russe sur le sol français paralyse les travaux qui sont presque suspendus en 1814. A la chute du Premier Empire, en 1815, les travaux sont achevés aux deux tiers. Par crainte d'une nouvelle invasion des Autrichiens et des Anglais, plusieurs ponts sont sabotés, dont les trois ponts à bascule de Pantin.

19 avril 1818

Suite aux difficultés des premières années de la Restauration, le préfet Chabrol propose d'avoir recours à une concession. La Ville de Paris accorde à la compagnie des Canaux de Paris, initialement représentée par deux banquiers, MM. Vassal et Saint-Didier une subvention de 7,5 millions de francs. Cette compagnie dont Pierre-Simon Girard est à l'origine de la création, passera plus tard aux mains du baron Hainguerlot, propriétaire du château de Villandry. Elle doit achever les travaux du canal Saint-Denis et du canal de l'Ourcq et entretenir les ouvrages mais en contrepartie elle peut jouir des péages et des revenus de la navigation pendant 99 ans à partir du 1er janvier 1823. Entre autres exigences, elle demandera la construction, le long des canaux, et en particulier le long du canal Saint-Martin, d'usines et entrepôts sur lesquels elle percevra des droits.

13 mai 1821

Le canal Saint-Denis, réalisé entre 1811 et 1821, est inauguré à l'occasion des fêtes du baptême du duc de Bordeaux.
La même année, la Compagnie des Canaux obtient la concession du canal Saint-Martin pour 99 ans sous le nom de Compagnie du canal Saint-Martin.

Fin 1822

Ouverture du canal de l'Ourcq de Mareuil à Paris.

24 avril 1824

A la suite de difficultés entre le duc d'Orléans et la Compagnie des Canaux, la ville de Paris rachète les droits du duc d'Orléans, moyennant une rente annuelle et perpétuelle de 30.000 francs éteinte par suite du versement d'un capital de 600.000 F à la famille d'Orléans. A cette époque, la navigation est totalement supprimée sur la rivière d'Ourcq entre Mareuil-sur-Ourcq et la Marne. La cession a été autorisée par le roi Louis XVIII le 10 décembre 1823 (bulletin des lois du 26 décembre 1823).

4 novembre 1825

Ouverture du canal Saint-Martin. Les canaux de l'Ourcq, Saint Denis et Saint-Martin joints par le bassin de la Villette forment désormais un seul réseau.

1838

Institution d'un service de bateaux-poste entre Paris et Meaux ; la liaison est assurée en trois heures par des bateaux transportant une soixantaine de voyageurs.

1er février 1841

Une convention additionnelle est signée entre la Compagnie des Canaux et la Ville de Paris concernant les travaux de Vuigner sur la rivière canalisée et sur le canal : redressement du lit, établissement d'écluses, suppression de l'introduction de la Reneuse et de la Mory (appelée aussi ru des Cerceaux), introduction du Clignon, réfection du halage.

1858 à 1865

La navigation des canaux Saint-Denis et Saint-Martin est presque complètement paralysée par de grandes sécheresses.

1861

Les répercussions qu'eurent sur les droits des concessionnaires le percement du boulevard Voltaire et la création du boulevard Richard-Lenoir conduisent la Ville de Paris à racheter la concession du canal Saint-Martin.

14 avril 1866

Suite à la sècheresse des années 1858 à 1865, la ville de Paris est autorisée par deux décrets en date du 14 avril 1866 à puiser en Marne par deux usines élévatoires, l'une à Trilbardou et l'autre à Villers-les-Rigault, sur la commune de Congis-sur-Thérouanne, le cube d'eau nécessaire pour renforcer le débit du canal de l'Ourcq.

9 juin 1868

Première mise en marche de la machine de Louis-Dominique Girard à Villers-les-Rigault.

1869

Mise en marche de la machine d'Alphonse Sagebien à Trilbardou.

27 mai 1871

Incendie par les Communards des magasins et entrepôts du bassin de la Villette et du pont à bascule en bois de la rue de Crimée. Ce pont fut remplacé par un pont métallique tournant.

20 juin 1876

Après de nombreux litiges, et suite aux délibérations du Conseil municipal en date des 31 Mai 1875 et 21 Mars 1876, la Ville de Paris rachète aux consorts Hainguerlot, par contrat du 20 juin 1876, les droits qu'ils détenaient sur le canal Saint-Denis et le canal de l'Ourcq. (voir les documents concernant le rachat de la concession par la Ville de Paris)

1880 à 1888

Reconstruction et approfondissement du bassin de la Villette, de 1880 à 1883. Le chenal d'accès entre le rond-point des Canaux (carrefour du canal Saint-Denis et du canal de l'Ourcq) et le bassin est élargi à vingt-quatre mètres et approfondi à 3,20 mètres. Ceci nécessite le remplacement du pont tournant de la rue de Crimée par un pont levant (1885). Enfin, les magasins sont reconstruits sur les berges du bassin de la Villette.
Le canal Saint-Denis est aussi modernisé, par approfondissement à 3,20 m, reconstruction des ponts, déplacement et reconstruction des écluses.

XXe siècle

1906 à 1907

Couverture du bassin du Temple du canal Saint-Martin par une voûte en béton armé à trois articulations.

1922

Allongement des écluses du canal Saint-Denis de 45 mètres à 62,50 mètres.

1925 à 1934

(ou de 1927 à 1932 selon la notice sur les canaux municipaux de 1964)
Mise à grand gabarit du canal de l'Ourcq jusqu'à la limite du département de la Seine, actuellement limite des communes des Pavillons-sous-Bois et Aulnay-sous-Bois dans le département de la Seine-Saint-Denis. Création du bassin de Pantin.

1939 à 1945

Pendant la guerre entre 1939 et 1945, de nombreux ponts furent détruits et durent être reconstruits.

1981 à 1983

Construction du port de plaisance de Paris Arsenal.

1991 à 1998

Reconstruction des écluses de Vuigner.

1995

Mise en place de la supervision de la gestion hydraulique du canal.

2014-2015

Rénovation et automatisation de l'usine élévatoire de Trilbardou. Restauration de la machine historique de Sagebien.

Notes

(1) MOREAU Frédéric, Code du commerce des bois carrés, charpente, sciage et charronage réunis pour l'approvisionnement de Paris, chez DAUVIN et FONTAINE, 35 passage des Panoramas, Paris, 1840, BNF Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5652676n —retour—

(2) MOREAU Frédéric, Code du commerce des bois carrés, ... (op. cite) —retour—

Pour en savoir plus

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