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L'usine de Villers-les-Rigault

Son usage

Cette usine, construite à la même époque que celle de Trilbardou, avait pour but d'assurer la navigation sur la partie amont du canal de l'Ourcq et un niveau d'eau constant dans le système des canaux parisiens (Ourcq, Saint-Denis, Saint-Martin) en période de sécheresse.
Pour celà, on prélevait de l'eau dans la Marne, distante de quelques centaines de mètres du canal.

La machine

Machine de GIRARD

La machine de GIRARD
© AFLO / Ch. Darguesse 2013

 

Cette machine, conçue et réalisée en 1868, suite au décret de Napoléon III du 11 avril 1866, contraste par sa technique avec celle de Trilbardou. Elle resta opérationnelle jusqu’à la fin de la navigation sur le canal, vers 1962. Elle a été classée monument historique en 1987. Elle est actuellement maintenue en état de fonctionnement et tourne lors de journées exceptionnelles. Grâce à sa conception, elle a pu être automatisée et pourrait être réutilisée en cas de nécessité. Elle est l'œuvre de Louis-Dominique GIRARD

Cet hydraulicien s'était construit un monde imaginaire, un système social et économique fondé totalement sur l'utilisation de l’énergie hydraulique. Un monde où pollution de l’air, concentration urbaine, et recherche d’énergie propre, auraient été évitées ?

La maîtrise de l'énergie hydraulique de l'eau devient sa raison de vivre dès 1840, alors qu'il était un des mécaniciens français les plus compétents de l'époque. Il travaillait alors pour la société Taylor et Fils, créée en 1842 par le regroupement de deux établissements préexistants : l’atelier de mécanique marseillais de Menpenti et les chantiers navals de La Seyne-sur-Mer à Marseille.

À Villers-les-Rigault se retrouvent deux grandes innovations, l’une est la turbine hydraulique, et l’autre l'utilisation de la fonte pour la majeure partie des pièces. La fonte a l'avantage d'être plus légère et plus résistante que le fer, et se corrode beaucoup moins (elle ne produit qu'une rouille de surface).

Sur la machine, on ne trouve aucune trace apparente de sa signature, ni de la fonderie qui l'a réalisée. Mais il n'est pas rare de rencontrer encore de nos jours des machines construites après sa mort, qui portent gravée dans la fonte la référence à un /"principe Girard/".

Le système de pompes GIRARD

Les pompes de la machine sont à double effet comme à Trilbardou. En 1868, la machine est prévue pour un pompage de 500 l/s soit 43 200 m3 en 24 h  L'avantage ici est que l'on voit le piston travailler, il aspire d'un côté et refoule la masse d'eau de l'autre grâce à des clapets en forme de chapeau chinois inversé positionnés sur chaque étage du système de pompages. Les mouvements des clapets sont amortis simplement par des ressorts à lame antagonistes lors de leur fermeture après le mouvement d'aspiration. L'eau ainsi reste bloquée sans pouvoir redescendre.
Le passage dans la cloche d'équilibre terminé, l'eau arrive dans le conduite de refoulement principale qui la déversera directement dans le canal, 12 m plus haut, 300 m plus loin.

Principales caractéristiques

Le site de Villers-les-Rigault

Situé sur la commune de Congis-sur-Thérouanne, le hameau de Villers-les-Rigault se trouve au bord de la Marne, face à l'écluse de Isles-les-Meldeuses. cet endroit la Marne se trouve à moins de 400 mètres du canal. L'usine s'implante au bord de la rivière, en proposant un dédommagement aux propriétaires du terrain. Le dénivelé de 1,50 m créé par l'écluse permet par un canal d'amenée de conduire l'eau sous l'usine, vers deux siphons alimentant chacun un distributeur qui permet d'injecter l'eau sous pression sur les aubes des deux roues turbines verticales.

Un monument historique unique

Depuis leur classement en 1992, les roues turbines de L.-D. GIRARD de l'usine de Villers-les-Rigault ont simplement subi des modifications afin de concilier protection du patrimoine et exploitation. L'usine a été légèrement modifiée pour être conservée en fonctionnement et télécommandée depuis l'usine élévatoire de Trilbardou. Les ingénieurs de la ville de Paris ont ainsi placé sur les bielles manivelles et sur d'autres parties de la machine des mini-capteurs de mouvement et de température afin de rapatrier les données de vitesse et de chaleur sur un terminal informatique. Une donnée anormalement élevée déclenche une alarme entraînant l'arrêt automatique de la machine. La machine de GIRARD a pu ainsi tourner en permanence 24 heures sur 24.

Voir aussi

Biographie de Louis-Dominique GIRARD

Bibliographie

Claude GAUDIN, Le Canal de l'Ourcq, Réseau fluvial de la ville de Paris, in Actes du colloque "le canal de l'Ourcq hier, aujourd'hui, demain, organisé par Au fil de l'Ourcq, 2002, éditions AMARCO

Marc MESURE, Jean-Louis DUFFET, Christian DARGUESSE, Au fil de l'Ourcq bulletin n° 4 nouvelle série, Avril 2013.