cinquième en partant de Paris
Les déversoirs permettent de réguler le niveau d’eau du canal entre deux biefs.
S’il faut réguler le niveau minimal des biefs successifs du Canal de l’Ourcq, par divers apports d’eau complémentaires et certaines manœuvres éclusières, il est tout aussi important de pouvoir contrôler son niveau maximal dès que d’importantes précipitations atmosphériques, répétées et/ou durables, se manifestent dans les régions qu’il traverse, afin d’éviter débordements et dégradation des berges, mais aussi afin de garantir la sécurité de la navigation, notamment au passage des écluses. Le déversoir situé à Congis-sur-Thérouanne porte le nom de La Fontaine d’aisance, une appellation liée à la présence de plusieurs sources aux alentours. Il est le quatrième en partant de Paris, localisé au point kilométrique 68,70.
Ce déversoir est à double effet.
– Le vannage est en effet immédiatement précédé d’un avaloir bétonné, au niveau maximal voulu, sur 50 mètres de longueur, et d’un cuvelage de 50 x 80 cm prolongé en souterrain par une buse de 60 cm de diamètre et 10 mètres de longueur, débouchant en contrebas. Il évacue l’eau de surface, le cas échéant.
C’est le déversoir passif.
A priori il ne devient fonctionnel que si le vannage ne suffit pas à contenir les eaux en-deçà du niveau limite (en cas de panne par exemple).
– Le vannage compte deux vannes à crémaillère indépendantes, de type guillotine, automatisées de nos jours mais encore à manivelle au XXe siècle, qui libèrent les eaux du fond, le cas échéant. C’est le déversoir actif.
À son point bas, l’eau franchit un tunnel de 6 m sous cette route et continue avec un courant encore bien vif durant 70 m pour atteindre un petit pont de pierre ancien à voûte unique en arc et rejoindre un diverticule artificiel de la Marne à 20 mètres de là, la Marne elle-même étant encore 40 m plus loin.
Ce déversoir à l’air libre est sérieusement clos sur toute sa partie supérieure et jusqu’au pont, avec plusieurs pancartes d’avertissement.
Son débit peut en effet être considérable, au point d’ennoyer tout l’espace herbeux en contrebas de la route, le pont ancien n’ayant pas une arche de section suffisante pour permettre l’évacuation de la crue technique.
Les vannes étant à ouverture automatique, il est très dangereux de s’aventurer dans le lit de cette voie d’eau ou très près des bords.
On a pu observer, certains hivers rigoureux, que les eaux pouvaient geler en épaisseur et former une cascade de glace digne d’être le sujet d’une carte postale des Alpes !
Ce déversoir commande un bief de 32,5 km entre les écluses de Varreddes et Mareuil-sur-Ourcq, soit un volume de plus de 200 000 m³ à évacuer, si nécessaire à un vidage complet.
Carte postale vers 1910, éditeur non identifié. Avec l'aimable autorisation des Archives départementales de Seine et Marne. Cote AD77 : 2FI1358.
à retrouver dans notre rubrique Cartes postales anciennes
1. – Avaloir à crête plane
2. – Vannage guillotine, altitude 58 m environ
3. – Radier 10 m puis chenal à forte pente 15 m, dénivelé total : 10 m
4. – Tunnel sous la D 121, 7 m
5. – Vestiges de lavoir, altitude 48 m environ
6. – Écoulement pente douce, espace inondable 65 m
7. – Petit pont ancien, ouverture 4 m ; altitude 46 m environ
8. – Écoulement final et débouché dans un petit bras de Marne artificiel à 20 m de la Marne ; altitude 46 m environ
Carte IGN récente annotée. Infographie AFLO / Ch. Rilhac 2026