Les déversoirs

Le déversoir d'Ocquerre

sixième en partant de Paris

Les déversoirs permettent de réguler le niveau d’eau du canal entre deux biefs.


Pourquoi enlever de l’eau ?

S’il faut réguler le niveau minimal des biefs successifs du Canal de l’Ourcq, par divers apports d’eau complémentaires et certaines manœuvres éclusières, il est tout aussi important de pouvoir contrôler son niveau maximal dès que d’importantes précipitations atmosphériques, répétées et/ou durables, se manifestent dans les régions qu’il traverse, afin d’éviter débordements et dégradation des berges, mais aussi afin de garantir la sécurité de la navigation, notamment au passage des écluses.C’est pourquoi plusieurs déversoirs ont dû être mis en place durant la construction du canal ou postérieurement.

Celui d’Ocquerre est l’un d’eux, le cinquième en partant de Paris, au PK 79,25.


Double effet

Ce déversoir, à fonctionnement manuel, est à double effet.

– En amont immédiat des vannes, un avaloir en banquette (à crête plane) et de forme courbe, tout à fait remarquable, que l'on voit sur la photo ci-dessous, prise vers l'amont.
Ce dispositif de 50 mètres, distance 6 fois supérieure à la largeur du Canal, permet l’évacuation instantanée d’une surcote de niveau de 3 cm pour une lame d’eau vive de 0,5 cm. Cette lame en coupe présente une section équivalente à celle de la buse latérale de fuite du déversoir de 60 cm de diamètre.

Remarquable avaloir en banquette, de forme courbe, du déversoir d'Ocquerre
Remarquable avaloir en banquette, de forme courbe, du déversoir d'Ocquerre

Il évite donc la manœuvre des vannes du déversoir elles-mêmes, sauf en cas de très forte crue, ou en cas de nécessité de « vider » un bief.

Déversoir, vue vers l'aval
Par ailleurs, cette conformation très étendue limite l’épaisseur de la lame d’eau et donc retient les objets flottants importants, réduisant fortement les risques d’encombrement de ladite buse.
C’est le déversoir passif. A priori il devient fonctionnel avant que le vannage ne devienne nécessaire pour contenir les eaux au-delà du niveau limite acceptable. Il devient indispensable en cas de défaillance des vannes ou de retard à leur manœuvre par les employés du Service des Canaux, ou encore pour compléter en cas d’insuffisance de débit des vannes ouvertes au maximum, occurrence très improbable.
Il libère les eaux de surface, le cas échéant, comme on peut le voir sur la photo ci-contre.

– Le déversoir, au sens strict, comporte deux vannes de type « guillotine » à crémaillère indépendantes et une pente unique qui se poursuit sous la D102, pour une longueur de 22 m dénivelant environ 3 mètres.
Un écoulement de 60 m déverse les eaux dans la rivière Ourcq, dénivelant encore près de 4 mètres, dont cinq petits ressauts de 50 à 60 cm.
Ces vannes libèrent les eaux du fond, le cas échéant.
C’est le déversoir actif, si l’avaloir à crête qui le précède ne suffit pas.

Vannage du déversoir d'Ocquerre
Vannage du déversoir d'Ocquerre

Ce déversoir commande un bief de 32,5 km entre les écluses de Varreddes et Mareuil-sur-Ourcq, soit un volume de plus de 20 000 m3 à évacuer, si nécessaire à un vidage complet.
Les déversoirs de Crouy-sur-Ourcq, en amont, et celui de Congis-sur-Thérouanne en aval, qui est automatisé, ajoutent leurs capacités de vannage.

Passage souterrain sous le chemin de halage, avant le chenal
Avant arriver dans le chenal et de dévaler le talus, l'eau passe sous le chemin de halage.

Une particularité remarquable

Ce déversoir présente aussi une particularité :
Peu avant son débouché dans la Rivière Ourcq, il enjambe un fossé de drainage de marais, ce qui a impliqué la construction d’un petit aqueduc qui le traverse.


Quelques photos

Ocquerre — Entrée de la buse d'avaloir

Buse d'avaloir

Entrée de la buse

Ocquerre — Débouché de la buse d'avaloir

Buse d'avaloir

Débouché de la buse d’avaloir

Ocquerre — Passage en tunnel sous la D 102

Passage en tunnel sous la D 102

À la sortie du passage sous la D102

Ocquerre — Sortie de la vanne

Vanne

Sortie de la buse

Ocquerre — Chenal du déversoir pente moyenne 15 % sur 14 m

Chenal du déversoir

Il possède une pente moyenne de 15 % sur 14 m

Ocquerre — Passage en souterrain sous le fossé de drainage

Particularité de ce déversoir

Il passe en souterrain sous le fossé de drainage du marais


Plan de situation

Carte IGN récente annotée. Infographie AFLO - 2026
Carte IGN récente annotée. – Infographie AFLO - 2026

1. – Avaloir à crête plane (altitude d’environ, 59,7 m)
2. – Vannage guillotine, PK 49,25
3. – Chemin de halage
4. – Chenal du déversoir pente moyenne 15 % sur 14 m
5. – Tunnel bas sous la route
6. – Chenal de fuite pente moyenne 6 % sur 60 m avec 5 chutes de 60 cm
7. – Débouché dans la rivière Ourcq (altitude d’environ 53 m)
8. – Aqueduc sous le déversoir pour fossé de drainage du marais.

Passage souterrain sous le chemin de halage, avant le chenal
Avant arriver dans le chenal et de dévaler le talus, l'eau passe sous le chemin de halage

C'était hier...

LIZY-sur-OURCQ — Le Déversoir d'Ocquerre — Carte postale août 1908 (date de la Poste), éditeur Soyer. Collection J.-P. LEPELLETIER.
LIZY-sur-OURCQ — Le Déversoir d'Ocquerre
LIZY-sur-OURCQ — Le Déversoir d'Ocquerre

L'aspect est différent de celui d'aujourd'hui. En presque un siècle et demi, le chenal a été colonisé par la végétation qui a formé un gros talus bombé estompant l'empilement géométrique et anguleux qui était le sien dans les années 1900.

Carte postale août 1908 (date de la Poste), éditeur Soyer.
Collection J.-P. LEPELLETIER.
à retrouver dans notre rubrique Histoire/Cartes postales anciennes
Toutes les photos : AFLO - Février 2026

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