Les aqueducs

Le tunnel-aqueduc de Bel-Air

Charmentray

Un aqueduc est un canal artificiel, cheminant en souterrain, à même le sol ou en aérien, ouvert ou fermé, destiné au transport de l’eau, selon une définition couramment admise.

Dans le présent cas, on observe un ouvrage d’art de 31 m, 2 m de largeur et actuellement 1,6 m de hauteur, qui tient à la fois du tunnel de passage piéton ou animal sous le canal, du pont-canal pour franchir une longue vallée régulière et peu creuse près de Charmentray, et de l’aqueduc potentiel emprunté par un ruisseau intermittent, régulièrement en eau. On se trouve ici au PK 36,82, peu en amont du pont de la D54a.

Dessin de Eugène Belgrand. 1883. Ouvrage des Ponts et Chaussées, Inspecteur général Alphand, Ingénieur en chef Humblot , Ingénieur Le Châtelier

Dessin d’Eugène Belgrand, 1883.
Ouvrage des Ponts et Chaussées.
Inspecteur général Alphand,
Ingénieur en chef Humblot,
Ingénieur Le Châtelier
Cet aqueduc est actuellement conforme à sa création vers 1820.

Entièrement bâti en moellons calcaires, en voûte plein-cintre, sol pavé très couvert d’épais sédiments, sa fonction d’aqueduc s’applique en période de pluie, même modérées.
En effet, il canalise les eaux du Ru de Courset, dont le bassin versant s’étend sur plusieurs kilomètres carrés, essentiellement de terres arables, et qui s’écoule durant 7 km selon une pente faible et à peu près constante de 1 %, dénivelant environ 70 m.

Tête aval du tunnel-aqueduc de Bel-Air. Photo AFLO/ChR 2026

Le cas échéant, il peut donc s’y déverser aisément de grandes quantités d’eau, qui n’ont que peu de matériaux à charrier, hormis la terre superficielle, après être déjà passées sous la Nationale 3.
Bien que de dimensions respectables, cet ouvrage et le façonnage des pentes fortement herbeuses qui freinent le courant ne permettent pas une très bonne évacuation.

Les abords boisés peuvent créer un embâcle à son entrée amont, mais aussi à l’entrée aval, d’où un très important dépôt terreux.

Une canalisation métallique parcourt le tunnel, probablement utilisée pour le pompage d’eau à usage agricole (?)

Sa fonction de pont-canal est directe car il n’ y a que 4 m de hauteur à la verticale du canal, soit à peine 2 mètres entre la voûte du tunnel et le lit artificiel du canal, c’est donc bien ce pont, couronné d’une épaisse couche d’argile marneuse, qui forme le lit et bien sûr le soutient.

Il a aussi une fonction secondaire, non voulue à la création, qui est de faciliter les déplacements de toute une faune, du batracien au chiroptère, du renard à l’hirondelle, voire du chevreuil au papillon !
Le sol révèle en effet de nombreuses empreintes d’espèces variées.

Ce tunnel est même encore franchissable par des êtres humains, correctement équipés pour cela, mais il faut bien s’y baisser…

L’écoulement peut se faire ensuite librement, le cas échéant, directement vers la Marne qui est à environ 400 mètres et 11 mètres d’altitude plus basse en passant sous la D54a.

Intérieur du tunnel-aqueduc de Bel-Air Photo AFLO / ChR 2026
Intérieur du tunnel-aqueduc de Bel-Air

Le tunnel, quant à lui, et du fait de sa surface grenue mais régulière, très peu éclairé par la luminosité naturelle car ses issues sont dans un contexte boisé, héberge sur ses parois et à son faîte diverses espèces animales dont des araignées et des papillons spéléphiles, divers mollusques, et peut occasionnellement servir de refuge diurne à des Chauves-souris.

Le versant sud de cette construction formant un ravin, une courte barrière a dû être installée le long du chemin de halage en tant que garde-corps, afin d’éviter toute chute importante.

Carte IGN récente annotée. Infographie AFLO / Ch. Rilhac 2026
Carte IGN récente annotée

  1. Ru de Courset
  2. Aqueduc-pont-tunnel de Bel-Air
  3. Tunnel sous la route
  4. Débouché dans la Marne

Photographies AFLO - 2026.
Plans de situation : Infographie AFLO sur la base de plan IGN.