Charmentray
Un aqueduc est un canal artificiel, cheminant en souterrain, à même le sol ou en aérien, ouvert ou fermé, destiné au transport de l’eau, selon une définition couramment admise.
Dans le présent cas, on observe un ouvrage d’art de 35 m, 2,9 m de largeur et actuellement 2,7 m de hauteur, qui tient à la fois du tunnel de passage piéton ou animal sous le canal, du pont-canal pour franchir une petite vallée très creuse dans Charmentray, et de l’aqueduc potentiel mais jamais emprunté par un ruisseau régulier.
On se trouve ici au PK 36,42, peu en aval du pont de la D 54a.
Il peut donc s’y déverser très rapidement de grandes quantités d’eau, mais qui n’ont que peu de matériaux à charrier, hormis la terre superficielle, la région étant essentiellement couverte de champs, et la Nationale 3 formant une sorte de barrage pour la partie supérieure du bassin versant.
Les dimensions imposantes de cet ouvrage et le façonnage des pentes permettent donc une évacuation sans difficulté et sans risque d’embâcle à son entrée amont.
Sa fonction de pont-canal n’est pas directe car il y a 8 m de hauteur à la verticale du canal, soit plus de 3 mètres entre la voûte du tunnel et le lit artificiel du canal, ce n’est donc pas le pont qui forme le lit, mais seulement le soutient.
En revanche, sa fonction secondaire, non voulue à la création, est bien de faciliter les déplacements de toute une faune, du batracien au chiroptère, du renard à l’hirondelle, voire du chevreuil au papillon !
Voire des humains dûment vêtus et chaussés… parfois bottés !
L’écoulement peut se faire ensuite librement, le cas échéant, directement vers la Marne qui est à environ 250 mètres et 8 mètres d’altitude plus basse.
Le tunnel, quant à lui, et du fait de sa surface lisse et régulière, très largement éclairé par la luminosité naturelle, fait office de mur d’expression graphique « sauvage ».
Si l’on ne peut soutenir ces actions plus ou moins artistiques, qui restent illégales et polluantes, au moins ne gênent-elles pas grand monde dans cet espace semi-souterrain !
Selon les témoignages des habitants tout proches, ayant même une supervision directe sur le vallon, il est rarissime qu’un « lac » s’y forme, les éventuels écoulements, aux-mêmes peu fréquents, s’effectuant très vite puisque sans frein naturel.
Le versant sud de cette construction formant un ravin, une longue barrière a dû être installée le long du chemin de halage en tant que garde-corps, afin d’éviter toute chute importante.
Dessin d’Eugène Belgrand, 1883.
Ouvrage des Ponts et Chaussées.
Inspecteur général Alphand,
Ingénieur en chef Humblot,
Ingénieur Le Châtelier
Photographies AFLO - 2026.
Plans de situation : Infographie AFLO sur la base de plan IGN.