Mareuil-sur-Ourcq
Un aqueduc est un canal artificiel, cheminant en souterrain, à même le sol ou en aérien, ouvert ou fermé, destiné au transport de l’eau, selon une définition couramment admise.
La Reneuse fut alors entièrement déviée, avec son affluent le Mory, sur un parcours parallèle au canal, à contre-courant de ce dernier, vers Claye-Souilly, aux fins de les faire confluer avec la Beuvronne. Cette dérivation impliqua de creuser un fossé de plus en plus profond pour entretenir un courant minimal et passer sous le canal au niveau du lieu-dit La Rosée.
L’option retenue initialement d’un aqueduc-tunnel unique, bien plus grand que la buse de fonte, précédé d’un bassin, devint alors très insuffisante.
L’importante masse d’éléments charriés par cette petite rivière, d’une part, et les fortes variations de débit observées d’autre part, ont amené à adjoindre à cette première voie quatre buses plus grandes favorisant l’évacuation.
Cependant, durant les étiages, cela provoquait une division du débit donc du courant, et la sédimentation avait tôt fait de colmater les conduits.
On eut alors recours à un vannage, avec quatre grosses buses, qu’il fallut réaliser en sous-minage, accolé au petit tunnel précédent !
Actuellement, cet aqueduc est le seul à être doté de cette régulation contrôlée : les vannes sont fermées pour un courant maximal dans la galerie historique provoquant une chasse efficace, elles sont ouvertes par plus fort débit pour éviter la saturation, la stagnation remontante dans le fossé et une très grosse sédimentation résiduelle.
La chasse générée débarrasse ensuite le grand fossé de décharge des tonnes de sédiments accumulés entre deux chasses.
Si tout cela permet une gestion correcte du cours d’eau, ce dernier reste extrêmement pollué, vaseux et nauséabond… car c’est son traitement tout en amont qui n’est pas effectué, et tout ce qui s’y jette et qu’on y jette n'est pas, ou mal, contrôlé.
L’ouvrage actuel comporte donc un tunnel bas en pierre, de 0,6 m x 0,9 m et quatre buses de 60 cm de diamètre commandées par des vannes guillotines, l’ensemble précédé d’un bassin rectangulaire de 5 m x 10 m aux parois verticales et de 2 m de profondeur surmonté de talus remontant de deux mètres… soit 200 m3 de retenue d’eau possible, augmentée de tout ce qui peut s’accumuler dans la longueur du fossé profond (près de 4 000 m3 potentiels sur deux kilomètres).
Malgré tout cela, il arrive encore que la Reneuse déborde jusqu’à Mitry-Mory, abandonnant des limons douteux sur le sol des berges.
Le bassin, fortement grillagé, est longé d’une petite passerelle en béton.
Cet aqueduc n’est donc pas humainement pénétrable, sauf à l’étiage et par des personnes habilitées et spécialement équipées (émanations gazeuses potentiellement dangereuses), il ne remplit pas le rôle de pont, ni de voie de circulation ou de refuge à une faune statique.
On le croise au PK 24,38 en amont du Pont de La Rosée.
Ces dessins de l’Ingénieur Eugène Belgrand exposent le dispositif d’aqueduc initial, construit vers 1815, qui était encore en fonction en 1833.
Il n’y a qu’un petit tunnel.
Ouvrage des Ponts et Chaussées, 1833 :
Inspecteur général Alphand
Ingénieur en chef Humblot
Ingénieur Le Châtelier
En rive gauche, le débouché du tunnel et des buses est abrupt et on peut observer une importante sédimentation tant qu’il n’y a pas eu de fortes précipitations et une chasse forcée par ouverture en grand des vannes.
Une barrière de protection évite les chutes dans le passage raviné.
Il peut être dangereux de s’aventurer dans ce lit vaseux, instable et malodorant, ainsi que de mettre la peau en contact avec les eaux, surtout si elle présente de petites plaies (coupures, piqûres, écorchures).
Eau très polluée par de nombreux agents chimiques toxiques et des germes pathogènes, rappelons-le…