Les aqueducs

Le aqueducs du méandre meldois

Meaux et ses environs

Dans le grand méandre vers le nord que décrit le Canal de l’Ourcq, de la Nationale 3 à la Départementale 405, on ne trouve pas moins de huit aqueducs souterrains !

Cette profusion provient de ce qu’il s’appuie et entaille la base des coteaux de Crégy-lès-Meaux, lesquels le dominent d’une cinquantaine de mètres.
Cette formation géologique du bartonien (environ – 40 millions d’années) est celle de l’ensemble stratigraphique dit calcaire de Saint-Ouen, où alternent des niveaux de calcaires différents et de marnes, ces dernières, imperméables, denses et épaisses dans la partie inférieure, donnant naissance à un niveau de sources plus ou moins intermittentes.
Ce sont les plus généreuses et permanentes d’entre elles qui nécessitèrent une évacuation au-delà du canal, la construction de celui-ci ayant coupé leur circulation naturelle d’antan.
La conformation des lieux, créée par le tracé du canal, a imposé que la plupart de ces aqueducs comportent un puisard en rive droite très pentue, puisard mesurant entre 4 et 8 mètres de profondeur dont 1 mètre au-dessus du sol, à rôle de protection mais aussi évitant le déversement d’éléments naturels.
Ces puisards, restant visitables à l’époque, ont une bouche carrée d’1 m d’arête.
Bâtis en pierre de taille et moellons, verticaux et de section constante.
Leur fond comporte une cuvette de 0,5 m de profondeur en moyenne, à rôle de décanteur.
Le captage du flux de nappe se présente au-dessus de cette cuvette, sous la forme de deux courtes galeries latérales parallèles au canal et de faible hauteur.

Certains de ces aqueducs sont réduits à une simple buse de 25 cm de diamètre, d’autres sont des tunnels de 1,3 à 1,5 m x 0,50 ou 0,60 m et de 30 mètres de longueur en moyenne, ou encore des tunnels beaucoup plus importants de dimensions métriques.
Malheureusement, ces derniers, pour diverses raisons, ont été neutralisés, ne sont plus visibles, et donc non visitables…
La plupart des puisards ont été comblés, avec des pierres laissant filtrer l’eau.
L’un de ces aqueducs, le plus en amont, n’est pas doté d’un puisard, le coteau étant bien moins marqué et creusé d’une petite vallée par un ruisseau, l’amenant suffisamment bas pour passer directement sous le canal.

L’extrait de carte IGN (https://cartes.gouv.fr) ci-après positionne les huit ouvrages.
Pour chacun d’entre eux sont donnés les dessins d’Eugène Belgrand, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, réalisés en 1833, leurs appellations, quelques photos récentes, et les particularités, le cas échéant.
Le positionnement kilométrique est approximatif à un ou deux décamètres près.
Leur ordre est donné en partant de l’aval.
Cliquez sur les lignes pour déplier l'accordéon et voir chacun de ces aqueducs.

Les aqueducs du méandre meldois Infographie AFLO / ChR sur base de carte IGN - 2026
Les aqueducs du méandre meldois

PK 49,54


À la suite de diverses phases de travaux urbains, l’eau ne coule plus dans son aqueduc qui était une simple buse.
Le débouché de cette dernière est encore visible, bien qu’à demi-enterré à mi-pente du talus de rive gauche.
Il est avéré que l’eau de cette source déclarée bonne et potable par son découvreur Sarrazin fut promise à alimenter les habitants de Meaux. Mais son acheminement fut jugé trop coûteux à réaliser, à cette époque.

Fontaine Sarrazin rive droite

Fontaine Sarrazin

Puisard en rive droite

Fontaine Sarrazin rive gauche

Fontaine Sarrazin

Buse affleurante en rive gauche

Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 43
Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 43

PK 50,15

Comme celui de la Fontaine Sarrazin il est limité à une buse de 25 cm de diamètre.
Il est permanent au point d’avoir été capté. Son débouché est enfermé dans une petite galerie maçonnée et close.
Une partie de l’eau est acheminée dans une conduite métallique avec un compteur, la partie résiduelle s’écoulant dans un tuyau, vers le Brasset, en contrebas.

Aqueduc du ravin de Penchard

Aqueduc du ravin de Penchard

Double circulation, captage en conduite fermée

Aqueduc du ravin de Penchard

Aqueduc du ravin de Penchard

Compteur en puisard

Aqueduc du ravin de Penchard

Aqueduc du ravin de Penchard

La construction ancienne a disparu, il ne reste que des bouches et une cuve bétonnée

Aqueduc du ravin de Penchard

Aqueduc du ravin de Penchard

Vestiges de la construction originelle

Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 44
Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 44

PK 50,28

Seul son puisard est encore visible, mais il est comblé.
Il mesurait environ 8 m et donnait dans un tunnel étroit de 1,7 m de hauteur qui semble avoir été exploité pour y faire passer des conduites d’eaux à évacuer, une pour les eaux usées, l’autre pour les eaux pluviales.
On trouve les bouches de puisards modernes à proximité. (4 sur le plan)

Aqueduc de la Pépinière

Aqueduc de la Pépinière

L'ancien…

Aqueduc de la Pépinière

Aqueduc de la Pépinière

…et le nouveau

Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 44
Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 44

PK 50,28

On trouve ces bouches de puisards modernes (4 sur le plan) à proximité de l'aqueduc de la Pépinière. Voir ci-dessus.

Aqueduc de la Pépinière

Reprise d'aqueduc

Les bouches d'un aqueduc moderne.


PK 50,64

Le tunnel, qui n'est plus visitable depuis mai 2026, est très bien conservé, avec un petit caniveau central et des épaulements pour pouvoir y circuler sans bottes. Mais il faut bien se courber !
Cet aqueduc conduit une eau très carbonatée, la même que celle qui alimentait la Grotte de la Roche, sur la rive gauche, très connue pour être pétrifiante.
De fait, parvenu au bout du tunnel en rive gauche, on constate que tout ce qui y a été jeté pour le combler est fortement calcité, les éléments soudés entre eux.
Une jolie couleur rouille s’y ajoute, à cause d’oxydes de fer.
Le puisard était précédé d’un bassin à ciel ouvert de 2 m x 3 m.

Aqueduc des Épernailles

Aqueduc des Épernailles

Tunnel à épaulements. Accès fermé par une grille boulonnée.

Aqueduc des Épernailles

Aqueduc des Épernailles

Caniveau

Aqueduc des Épernailles

Aqueduc des Épernailles

Fort concrétionnement pétrifiant

Aqueduc des Épernailles

Aqueduc des Épernailles

Caniveau

Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 44
Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 44

PK 50,73


Bien que la provenance de son eau, permanente et abondante (en moyenne 8 m3/heure) soit mal définie, on la cite ici car elle émane d’une circulation interstrate à vocation d’aqueduc naturel.
Les hommes se sont contentés de la canaliser sur quelques mètres car la résurgence originelle était en rive droite, alimentant un ancien lavoir, prédécesseur de l’actuel.

Grille recouvrant le captage de la source de Crégy - Photo AFLO / ChR 2026
Captage de la source de Crégy alimentant l’ancien lavoir.
Aqueduc en reprise.
Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 45
Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 45

PK 51,10

L'aqueduc de l'Échelle est un aqueduc busé à puisard. Le puisard est comblé, mais de pierres seulement.
Le conduit souterrain est une buse avec des embouchures formées de deux pierres creusées, mises en vis-à-vis et affleurant la pente raide du talus.

Aqueduc de l’Échelle

Aqueduc de l’Échelle

Extrémité - Vue générale…

Aqueduc de l’Échelle

Aqueduc de l’Échelle

Embouchure formée de deux pierres creusées

Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 46
Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 46

PK 51,60

L'aqueduc de la Cressonnière est semblable à celui des Épernailles, mais avec un concrétionnement pariétal beaucoup plus abondant sous forme de coulées calcitiques, et le développement de quelques dizaines de stalactites fistuleuses à la voûte, confirmant la dureté calcaire de cette eau.

Aqueduc de la Cressonnière

Aqueduc de la Cressonnière

Tête aval

Aqueduc de la Cressonnière

Aqueduc de la Cressonnière

Concrétionnement pariétal

Aqueduc de la Cressonnière

Aqueduc de la Cressonnière

Stalactites fistuleuses à la voûte

Aqueduc de la Cressonnière

Aqueduc de la Cressonnière

Pétrification du caniveau

Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 46
Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 46

PK 51,80


Il est semblable à l'aqueduc de la Cressonnière, mais est intégralement conservé ! Il y a peu de concrétions mais un beau puisard tout en pierre à embouchure grillagée, ce qui lui a évité d’être comblé. Il permet de bien voir les deux petites ailes de captage en fond de puits.
Le canal peut donc être traversé ici, en se faisant petit, mais il n’y a rien qui facilite la progression dans le puisard qui dénivelle presque 6 mètres, et le grillage empêche de passer. Difficile de s’en évader !

Aqueduc de Saint-Faron

Aqueduc de Saint-Faron

L’entrée

Aqueduc de Saint-Faron

Aqueduc de Saint-Faron

Le puisard dégagé au fond

Aqueduc de Saint-Faron

Aqueduc de Saint-Faron

Une aile latérale de captage calcitée

Aqueduc de Saint-Faron

Aqueduc de Saint-Faron

Le puisard tout en pierre

Aqueduc de Saint-Faron

Aqueduc de Saint-Faron

La sortie en rive gauche

Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 46
Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 46

PK 52,10

Seul à ne pas être doté d’un puisard, on peut observer ses deux têtes en pierre de taille et le ruisseau dévalant de la Montagne Blanche qui murmure entre pierres et fougères avant de s’y engouffrer, sur un sol pavé.
Le tunnel, comme les autres, est de dimensions modestes 1,4 m x 0,50 avec épaulements de circulation hors-d’eau.
L’aqueduc des Cordeliers permet aussi la traversée souterraine du canal. Il est le seul persistant à le permettre, ce qui peut s’avérer utile dans certaines circonstances car le pont le plus proche est à 1 km (pont jamais achevé) vers l’amont ou à 1,5 km vers l’aval !
L'homme n'est pas le seul à l'emprunter, la faune sauvage l'emprunte aussi : on a vu des chevreuils le traverser. Plus en amont, le coteau s’estompe rapidement, et il n’y a plus ni résurgences notoires de sources, ni cours d’eau à éviter.

Aqueduc des Cordeliers

Aqueduc des Cordeliers

Tête rive droite

Aqueduc des Cordeliers

Aqueduc des Cordeliers

Tête rive gauche

Aqueduc des Cordeliers

Aqueduc des Cordeliers

L'eau est vive au sol...

Aqueduc des Cordeliers

Aqueduc des Cordeliers

...mais le tunnel est fortement calcité

Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 47
Dessin de Belgrand – 1833 — Extrait de la planche n° 47