Charmentray
Un aqueduc est un canal artificiel, cheminant en souterrain, à même le sol ou en aérien, ouvert ou fermé, destiné au transport de l’eau, selon une définition couramment admise.
L’aqueduc des Prisonniers était du type tunnel à puisard…
« Était », car il a connu un effondrement partiel au XXe siècle qui lui a valu d’être profondément remanié, sans pour autant être neutralisé.
Ses principales particularités ont été modifiées.
Bâti en pierre de taille et moellons, il est désormais constitué de deux tuyaux en acier juxtaposés, de 900 mm de diamètre, en segments de 4 m soudés.
Ils sont de type Schedule 10, paroi épaisse de 8 mm, pesant 180 kg/m, c’est du costaud !
Sachant que ces conduits ont près de 40 m de longueur, on est en présence de deux canalisations pesant chacune environ 7 tonnes…
Dans l’une a été installée une conduite d’eaux usées qui débouche dans un puisard carré
Dans l’autre, une sole de mortier a été coulée, facilitant la visite humaine (à quatre pattes quand même!) et supportant des conduits électriques noyés dans un fourreau maçonné sur toute la longueur.
Démarrant à l’origine à ciel ouvert en contrebas du talus de rive droite,
il était en pente de 10° (environ 15%) sur la première moitié du parcours souterrain.
Cette pente n’a été que partiellement conservée et affaiblie, de sorte que l’entrée supérieure est désormais un regard de 5 mètres, le talus ayant été depuis
remblayé pour amener la berge à l’horizontale sur près de 1 km du village.
Ce regard est constitué d’éléments carrés en béton 1 m x 1 m à échelons d’aluminium.
La tête d’aqueduc inférieure, en rive gauche, était à l’origine un beau porche de 2 m sur 4 m de hauteur, désormais bétonné,
après que l’espace vide au-dessus des tuyaux, eux-mêmes posés sur un remblai de 3 m d’épaisseur, ait été comblé sur toute la longueur. Il est copieusement tagué…
L’aspect extérieur est donc maintenant bien plus « tassé ».
Du fait de ces diverses modifications, cet aqueduc d’une longueur initiale d’environ 25 m en mesure désormais 40.
En rive droite, les deux puisards d’accès sont fermés chacun d’une plaque en fonte.
En rive gauche, le puisard saillant d’eaux usées profond de 2 m est aussi fermé d’une plaque, tandis que l’autre tuyau d’acier reste d’accès libre, au niveau du sol.
Il ne circule pas d’eau à l’intérieur, qui est très sec et indemne de toute pollution visible. On peut y rencontrer de nombreuses araignées, et de petits mollusques. La paroi interne connaît une oxydation de surface, écailleuse.
On est donc là en présence d’un ex-aqueduc-tunnel complètement recyclé, qui n’est plus un tunnel et ne conduit plus d’eau issue de précipitations
!
Il est un peu en amont de l’ex-pont mobile, désormais « Pont-neuf » au PK 35,79
Dessin de Eugène Belgrand - 1833 Ouvrage des Ponts et Chaussées Inspecteur général Alphand Ingénieur en chef Humblot Ingénieur Le Châtelier
Photographies AFLO - 2026.
Plans de situation : Infographie AFLO sur la base de plan IGN.
Dessin d’Eugène Belgrand, 1883.
Ouvrage des Ponts et Chaussées. Inspecteur général Alphand, Ingénieur en chef Humblot, Ingénieur Le Châtelier.